La perception de la douleur

Il est temps de parler un peu de développement personnel, j’aimerai aborder un sujet qui m’a beaucoup apporté : la perception de la tristesse. C’est relativement simple à comprendre, mais avant de le formuler il y a 3 ans je n’en étais pas pleinement consciente. Pour m’aider je vais prendre un exemple créé de toute pièce.

coloriage-vice-versa-tristesse1.jpg

Le contexte :

  • Une personne A, que l’on appellera Cerise (pas celle de Groupama), qui vient de perdre sa mère
  • Une personne B, Olivier (pas de Carglass non plus), dont le chien vient de décéder
  • Les deux décès surviennent à la même période, Cerise et Olivier sont deux amis

Cerise est dévastée par le décès de sa mère, ainsi qu’Olivier par celui de son chien. Cependant, Cerise n’est pas très conciliante avec Olivier, elle ne comprend pas que le décès de son chien l’affecte autant. Elle se dit que sa situation est plus tragique et qu’il n’a pas de légitimité à être dans le même état de tristesse qu’elle.

Maintenant, je vais faire intervenir l’échelle de la tristesse, disons que « 1 : pas triste du tout » est le premier palier et « 10 : une tristesse infinie » le dernier. Cerise de son côté est à « 10 », elle ne sait pas comment faire pour surmonter son chagrin, elle a peur du futur sans sa mère auprès d’elle. Le chien d’Olivier était son meilleur ami, il le connait depuis sa naissance, ils ont pratiquement grandi ensemble, sa tristesse est à « 10 ».

Alors dans les faits, on est tenté de dire que le décès d’une personne est plus grave que celui d’un animal, mais à l’échelle de chacun cela reste une tragédie. Qui sommes-nous réellement pour juger l’état de tristesse des deux amis ?

Je pense qu’il est important d’écouter la perception des émotions qui est propre à chacun, et de ne pas la minimiser. Les deux amis doivent être conscients de l’état de l’autre, et de la façon dont la tragédie l’affecte. A l’échelle de leur vie individuelle c’est un drame, peu importe finalement sa gravité. Il est primordial d’être à l’écoute de nos proches, de tenter de les comprendre. Alors on peut se dire qu’il y a mieux et pire que nous, cela n’est pas une raison pour se plaindre ou au contraire cacher ses émotions.

L’exemple que j’ai pris est assez extrême, mais je suis convaincue de cette idée (nous pouvons en débattre), on peut élargir la perception de la tristesse à d’autres émotions. Parfois je pense que ce genre de situation nous apparait dans la vie de tout les jours moins clairement : avoir la moyenne à un partiel pour un étudiant cela sera juste prodigieux alors que pour un autre se sera un échec cuisant, parce que nous n’avons pas les mêmes attentes, le même niveau, les mêmes ambitions, est-il nécessaire de juger le ressenti de ces deux étudiants face à une même note ?

On a tendance à se dire que nous sommes les plus à plaindre, que telle ou telle personne n’a pas de légitimité car notre cas est plus grave. Pour moi en tout cas j’avais un peu de mal à concevoir les émotions des autres. Et maintenant j’ai une petite voix qui me dit : « qu’une tristesse ne peut pas primer sur une autre ».

Agathe

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :